Un dépistage 2.0 contre la dépression

Les universités de Pennsylvanie et de Stonny Brook aux Etats-Unis s’intéressent au mal être 2.0. Pour contrer ce phénomène, les chercheurs soumettent une intelligence artificielle capable de détecter des maladies mentales telles que la dépression, l’anxiété ou même le stress post-traumatique.

L’intelligence artificielle aux côtés du corps médical

La dépression est une maladie qui n’a cessé de progresser ces dernières années et notamment chez les jeunes. Elle est difficile à prévenir aussi bien qu’à traiter. Selon l’INSERM, en France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Fort de ce constat, des chercheurs américains se sont intéressés aux possibilités de détection de ces pathologies. En se basant sur les structures de rédaction des posts sur les réseaux sociaux, ils souhaitent pouvoir identifier les internautes potentiellement touché par l’angoisse et la dépression. Alors que les réseaux sociaux sont pointés du doigt dans la croissance des maladies mentales telles que la dépression, ils pourraient bien s’avérer nécessaires pour prévenir les risques.

L’étude parue récemment sur Proceedings of the National Academy of Scientists met en lumière l’importance des contenus partagés sur les réseaux sociaux que l’on peut analyser. L’enquête a été menée sur 683 profils Facebook volontaires dont 114 diagnostiqués en dépression. Ce sont près de 254 000 statuts qui ont été passés au crible durant 6 mois.

Certains marqueurs de langage représentatifs ont permis de détecter les profils dépressifs. Pour en citer quelques-uns : la répétition de « je » ; « moi », l’emploi d’un vocabulaire lié à la tristesse et à la solitude. Ils ont également constaté que les personnes souffrant et/ou sujet à la dépression avaient tendance à publier des contenus beaucoup plus importants que la moyenne. Il ne s’agit là bien sûr que de critères non exhaustifs qui ne permettent pas de diagnostiquer avec une fiabilité absolue la maladie, et encore moins de la soigner.

Il n’est plus question ici du regard d’un professionnel de la santé mais bel est bien de laisser place à la machine pour reconnaître les comportements fragiles.  Dans ce cas, l’algorithme déployé ne prend pas en compte un contexte particulier et semble montrer ses limites. L’idée étant d’utiliser cette technologie pour agir en amont et aider au diagnostic. Lorsqu’il est difficile de déceler un mal-être chez les humains, l’algorithme pourrait regrouper les données liées à son comportement sur les réseaux sociaux, dans un premier temps, pour aider au mieux à intervenir bien en amont et éviter le pire.

L’intelligence artificielle (IA) tend à devenir tout aussi sensible que l’humain avec la capacité de comprendre les mots et de lire entre les lignes. Les ingénieurs travaillent au développement d’outils de plus en plus performants pouvant faciliter et avoir un impact considérable sur notre quotidien. La santé s’est imposée comme un secteur stratégique pour le déploiement de l’IA.

Danger ou aubaine ? Les avis sont partagés. La protection des données personnelles est au cœur des débats ces derniers temps et amène à se poser la question du respect de la vie privée quand un robot analyse nos comportements ?